La France doit refuser de s’abandonner aux outrances 

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Les extrémistes de 1793 ont tué le père, assassiné la mère et laissé mourir l’enfant. Au fil des siècles, nombreux sont les Français qui se sont sentis orphelins. À l’image d’une amaryllis, les lys de France refleuriront peut-être, mais nul ne sait l’heure ou le jour. Face aux difficultés, aux incertitudes et aux misères engendrées par les crises qui se succèdent depuis trop longtemps, s’ajoute désormais une angoisse ontologique. Qui sommes-nous ? Quelle est notre place dans le chaos actuel ? Notre visage ne se reflète même plus sur le miroir du passé. Ceux qui nous ont précédés sont déjà gommés de la mémoire. Et l’abandon volontaire de l’enseignement des fondamentaux de notre histoire n’est pas le seul en cause.
 
 
Après l’illusion brisée d’une croissance matérielle infinie, après l’exaltante découverte d’une liberté qui paraissait sans limites, voici les Français seuls face à eux-mêmes, contemplant leur image virtuelle sur le Grand Ordinateur. Chacun édicte sa loi, définit ses propres règles de conduite, tout en subissant depuis l’enfance une incessante compétition qui s’étend à toutes les strates de l’existence. Une compétition où seuls les plus forts et les plus riches peuvent survivre. Nous sommes désemparés, perdus dans un monde où aucune réponse n’est là pour guider notre quête de sens. Ni la science, ni la raison, ni les idéologies politiques, ni le simple bon sens, ne peuvent apporter d’apaisements. Il n’est plus de main qui se tende vers l’autre, plus un bras pour consoler, plus une épaule où reposer sa tête. Juste un immense sentiment de solitude qui surgit d’un décor artificiel où l’on prétend s’amuser. C’est ainsi que revient le temps des peurs collectives: peur de l’autre, peur de l’épidémie, peur du lendemain. Ce sont des peurs auxquelles on tente d’échapper en se réfugiant dans des sectes de pacotille et manipulatrices, en s’octroyant une identité mythique ou en projetant sur n’importe quel bouc émissaire la violence dont on est victime.
 
 
Depuis près de deux cent trente ans, la France a fait maintes fois l’expérience de ce retour de boomerang. En recherchant une transcendance vers le haut, nous avons fabriqué de redoutables idoles. Par la quête d’autorité, nous pourrions sombrer dans la dictature, sinon dans la terreur. Niant toute hiérarchie, nous avons vu s’imposer de sombres caricatures. À la poursuite de la tradition, nous avons été abusés par la prétention des apparences. La France reste déchirée par ces mouvements désaxés, elle s’égare par des dérives déboussolées. Pourtant, notre pays est suffisamment robuste pour se relever. À nous de refuser de nous abandonner aux outrances, qu’il s’agisse de l’uniformité nihiliste, du culte exacerbé de la différence, du mondialisme, du repli sur soi, du modernisme échevelé ou du traditionalisme le plus étroit. Nous devons trouver un lieu de rencontre et d’harmonisation, un point d’équilibre entre des exigences contradictoires.

 

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Paroles d’Henri VII, Comte de Paris et Duc de France

« La Royauté de l’Homme », aux presses du Châtelet

Source :

 

Mgr le comte de Paris: "La France doit refuser de s'abandonner aux outrances" - Le blog de La Couronne

Les extrémistes de 1793 ont tué le père, assassiné la mère et laissé mourir l'enfant. Au fil des siècles, nombreux sont les Français qui se sont sentis orphelins. À l'image d'une amaryllis, les lys de France refleuriront peut-être, mais nul ne sait l'heure ou le jour.

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